Qui est Laure, la femme noire peinte par Manet dans《Olympia》?

Le musée d’Orsay et le Metropolitan Museum of Art de New York réunissent deux grands peintres amis et rivaux du XIXème siècle dans une exposition qui commence ce mardi 28 mars 2023. Environ 200 tableaux, pastels, dessins, gravures, monotypes, lettres et carnets qui proviennent des collections D’Orsay, du co-organisateur new-yorkais, le Metropolitan Museum of Art ais également de la National Gallery de Londres. Le thème de cette exposition est 《la modernité en peinture》.

Parmi ces nombreux chef-d’œuvre, trône《plus grande que nature》 le célèbre tableau 《Olympia》 peint par Edouard Manet en 1863. Laure, la femme noire qui a posée pour 《Olympia》a été représentée par le peintre dans deux autres œuvres comme : 《Les enfants du jardin des Tuileries》où elle est placée dans un coin du tableau en tant que nourrice 《s’occupant de ses petits protégés dans un parc à Paris.》Dans 《la Négresse》qui est en réalité le vrai portrait de laure, elle est au centre de l’attention dans cette toile d’Edouard Manet.

《Les enfants du jardin des Tuileries》

Selon Meilan Solly du magazine Smithsonian, contrairement à l’exotisme des autres peintres de l’époque, Edouard Manet représentait les personnes de couleur dans des postures naturelles. Dans 《Olympia》Laure 《semble être une amie de la prostituée, peut-être même est-elle en train de la conseiller.》

《la Négresse》

Laure, explique Murrell Sheets, était une des nombreuses personnes noires qui ont quittées leur région de naissance après l’abolition de l’esclavage en France en 1848. Elle《a probablement été présentée dans 《Olympia》 comme un clin d’oeil à la classe ouvrière noire croissante dans Paris》.

L’exposition Manet/Degas c’est au Musée d’Orsay du 28 mars au 23 juillet 2023.

Dorothée Audibert-Champenois – Images ©️Wiklimedia Commons

La Guadeloupe ses «Miss», la Martinique ses «Dauphines»

L’élection de Miss France 2023 ce samedi 17 décembre 2022 a encore une occasion manqué pour la Martinique. Depuis quelques semaines, les paris étaient lancés sur les réseaux sociaux. Comme une évidence, la Guadeloupe favorite dans la presse l’était aussi pour beaucoup d’internautes. C’était sans compter sur la forte personnalité d’Axelle René, Miss Martinique 2022. Pour beaucoup, l’étudiante en météorologie avait également de grandes chances de l’emporter. L’île n’attendait que cela, les commentaires sur la toile la décrivait comme «sublime, magnifique». Seulement les pronostics ont eu finalement raison. Axelle René a chuté et la Martinique est partie bredouille de Châteauroux. Frustration et résignation mêlées, les fans de la jeune martiniquaise restent unanimes. «Elle est belle mais il lui manquait quelque chose» assurent-ils. Il était 1h du matin.

Axelle René (Miss Martinique 2022 - 3ème dauphine de Miss France 2023)

Axelle René échoue à la finale

Sur la scène du Mach 36 de Déols, ce samedi de décembre, le suspense est tombé très vite. L’éviction de la Martinique ne s’est pas fait attendre. Après de beaux tableaux sur le thème du cinéma d’Hollywood, ses déhanchés digne d’une diva, Axelle René a vite su qu’elle ne figurait pas dans le groupe des 3 finales. Le résultat n’a laissé aucun doute. Les comptes étaient faits, l’antillaise serait la 3ème dauphine de la future reine de beauté. Le ballet continuait sans elle. Miss Guadeloupe espérait sa couronne , accrochée à Agathe Cauet, Miss Nord-Pas-de-Calais.

0h50. Francis Huster, président du Jury nomme la gagnante. À 18 ans, Indira Ampiot, Miss Guadeloupe 2022 succède à Diane Leyre. Voilà, c’est dit. Indira Ampiot est la quatrième guadeloupéenne à devenir Miss France. Elle succède à Véronique De La Cruz (1993), Corinne Coman (2003) et Clémence Bottino (2020). Alors que la couronne signée Mauboussin est délicatement remise à Miss France 2023, la pression tombe. Les internautes se lâchent sur les réseaux sociaux. Des mots tendres ou durs, selon la cible.

Indira Ampiot (Miss Guadeloupe 2022 - Miss France 2023)

Les martiniquaises ratent encore la première marche

Pourtant elles étaient si proches du but. En 2015, la rayonnante Morgane Edvige, 19 ans, termine 1re dauphine de Miss France. En  2017, Laure-Anaïs Abidal arrive dans le top 12 du concours. Et en 2021, Floriane Bascou, 19 ans,  se place 1re dauphine de Miss France 2022. Ce ne serait sans doute pas vain de pousser la porte du comité Miss Martinique pour avoir un début de réponse. Car il s’avère que depuis quelques années déjà, le Comité Miss Martinique attend de vrais changements stratégiques ou humains.

Comment expliquer que trois mois avant la grand messe du couronnement à Châteauroux, le directeur artistique désigné ne pouvait plus assurer sa fonction. Steeven Jean-Yves Zamor, par ailleurs directeur d’une célèbre agence de Mannequins, impliqué dans le milieu et ayant fait ses preuves part en septembre. Juste après l’élection d’Axelle René, de quoi chambouler certains projets artistiques. Un coup de chaud pour le public qui l’apprend et qui suit l’événement. Pour rappel, le martiniquais avait réussi à hisser la martiniquaise Floriane Bascou, 1ere dauphine de Miss France 2022.

Steeven Jean-Yves Zamor est immédiatement recruté par le comité Miss Guadeloupe pour Miss France. Indira Ampiot, la nouvelle Miss France 2023 a su en tirer partie.

Le comité Miss Martinique en crise

En 2018, Laure-Anaïs Abidal (Miss Martinique 2017) me confiait à Paris : « J’ai reçu pas mal de critiques entre Miss Martinique et Miss France. Je me suis dit « enfin un moment de Paix ! Cela m’a fait du bien de vivre cette aventure. Je me sens beaucoup plus forte qu’avant ! ». Visiblement, celle qui remplaçait Jade Voltigeur a dû compter sur sa propre détermination pour être finaliste de Miss France 2018.

Deux ans plus tard, un communiqué tentait de rassurer les fans du concours : «Malgré toutes les polémiques le nouveau comité Miss Martinique souhaite retrouver un « climat d’apaisement » pour se « concentrer sur la prochaine élection prévue » le 24 octobre», écrivaient les organisateurs. Ambre Bozza, ne s’est malheureusement pas classée dans la liste des finalistes cette année-là.

Pire, Sylvie Tellier, directrice générale de l’Organisation Miss France annonce en 2021, dans la presse locale, que la licence nécessaire pour l’élection n’était pas attribuée pour l’année en cours. Ce à quoi Miguel Limol, chargé de la direction et de l’organisation, assurait que l’élection de Miss Martinique 2021 était déjà en préparation. Enfin une bonne nouvelle quand Morgane Edvige arrive au comité pour lancer le concours local. Reconvertie dans l’industrie touristique, Miss Martinique 2015, Première dauphine de Miss France 2016 présidait alors un casting pour trouver sa nouvelle Miss, éligible au concours Miss France.

Le comité Miss Guadeloupe pour Miss France s’installe dans la durée

Sur l’île voisine c’est l’euphorie. Le Comité Miss Guadeloupe pour Miss France s’argue d’être le neuvième comité ayant remporté le plus de fois le concours Miss France. La déléguée régionale Sandra Bisson (Miss Guadeloupe 2001 et 1ère  dauphine de Miss France 2002), proche de Sylvie Tellier est nommée en 2007 chaperon des miss. Et pour ses poussins, elle est «bonne mère».

«Je les aide à gérer le stress, la fatigue. Ma mission est multiple. Il y a d’abord un rôle d’accompagnement, pour lequel je dois faire le relais entre la production et les filles mais aussi leur donner les consignes à respecter, les horaires, les trajets, etc. Et puis, j’ai également un rôle de conseil. À travers ma propre expérience, je suis plutôt bien placée pour les aiguiller sur la gestion de la fatigue ou du stress ou des façons de se maquiller. Mais aussi sur les réponses à fournir à la presse. Je leur recommande de donner aux journalistes un maximum d’informations sur elles, pour qu’elles puissent intéresser les lecteurs.» confiait la pointoise au quotidien Midi-Libre.

Si ce comité guadeloupéen savoure encore une nouvelle victoire, il est important que le comité Miss Martinique doit revoir de nouvelles stratégies pour enfin «vaincre le mauvais sort».

Dorothée Audibert-Champenois – Facebook Twitter Tik Tok @Blacknews Page

Jane Constance, la non-voyante gagnante de «The Voice Kids 2015»

Mais que devient la jeune Jane Constance? Le magazine AuFéminin a enquêté sur la petite chanteuse originaire de l’île Maurice, passionnée de chant et de piano. 

En octobre 2015, durant la deuxième saison de Patrick Fiori misait sur Jane Constance non-voyante de naissance. Elle réussit sa performance ce soir-là et interprète The Rose de Bette Midler. Elle devenait alors la grande gagnante de la saison 2 du télé-crochet de TF1. Sept ans après cette victoire a changé sa vie. Sur sa page Facebook, près de 80 000 fans suivent les activités de la jeune chanteuse.

En 2016, un an après sa victoire à The Voice Kids, Jane Constance a proposé au public son premier album, À travers vos yeux, un mélange de titres originaux (dont deux écrits par Pascal Obispo), reprises (Over the Rainbow) et d’adaptations. Dans ce premier disque, elle évoque tout ce qui lui tient particulièrement à cœur comme son père, son handicap et de façon générale, l’espoir qui rythme sa vie. Dans le même temps, elle se confiait auprès de Télé Star sur sa vie après son passage à la télévision : «J’ai toujours les mêmes amis. Je suis toujours la même fille, souriante et positive. Mais c’est vrai que les gens me reconnaissent plus dans la rue. (…) J’étais déjà connue à l’île Maurice mais c’est vrai qu’en France, c’est nouveau. Sur les Champs-Élysées, les gens m’arrêtent pour me féliciter et prendre des photos avec moi. Ça fait chaud au cœur.»

2018, Jane Constance dévoilait son nouveau single, Un jour j’ai rêvé, qu’elle a proposé dans le cadre de Destination Eurovision, en compétition avec dix-sept autres artistes. Sur le réseau social Facebook, la jeune mauricienne continue de partager ses différents engagements envers des associations, car elle a toujours eu à cœur d’aider ceux qui en avaient le plus besoin.

En juillet dernier Jane reçoit le Prix Backhouse Jones pour ma contribution à l’école de justice UCLan.

En juin à l’occasion de la journée mondiale de l’environnement elle chante Earth Song.

 

Jane Constance tient également le rôle de coordinateur de projet aux côtés du groupe de pilotage des opérations commerciales UKIMEA. «Ce sera pour moi une occasion en or d’élargir mes compétences et d’apprendre à être un contributeur efficace au sein d’une équipe déclare la jeune fille.»

En avril, la gagnante de The Voice Kids est récompensée pour son bénévolat auprès de l’UCLan SU Gold Livesey Award en reconnaissance de ses plus de 90 heures de bénévolat. «J’ai acquis des compétences tout au long de la vie que je pourrai transférer à la carrière que j’ai choisie.»

Dorothée Audibert-Champenois@Blacknews Page – Images YouTube – Facebook – Instagram

La «Négritude» de Joshua Obichere en autoportraits à Cambridge

La première exposition de Joshua Obichere s’inscrit dans une continuité. Tout d’abord c’est un rendu artistique qui concrétise le travail entrepris avec ses différents étudiants d’Art de Cambridge. Ce travail d’exploration est aussi le fruit de plusieurs observations dans la vie de tous les jours du jeune peintre. L’artiste, au travers de divers autoportraits rend perceptible la question de l’inclusivité dans la société britannique.

Au Nord de Cambridge, au 5 Green’s Road, l’exposition «Blackness in Portraiture» offre plusieurs étapes visuelles pour comprendre et vivre l’expérience «Dans la peau d’un Noir». Dès l’entrée, l’artiste interpelle pour une relation apaisée dans la reconstruction du vivre ensemble. Comment améliorer et casser les codes stigmatisants en leur redonnant tout simplement leur vrai sens. Dans la galerie, des tableaux de peintures actives rythment le questionnement sur tant l’appropriation culturelle que la fusion de sentiments. Entre larmes et joie, Dieu à toute sa place pour l’équilibre spirituelle qui baigne dans les œuvres de Joshua Obichere. Au final, une vidéo explique comment éliminer toutes les couches sociales et stéréotypées qui entravent la liberté de l’Homme Noir.

En résumé, l’artiste originaire du Ghana et du Nigéria qui vit à Cambridge a choisi d’infuser la paix et de rassurer les Blancs. Son crédo est d’inciter à se comprendre et a ne «pas avoir peur» de l’autre.

Blackness in Portraiture ou comment améliorer et reconstruire la figure du Noir dans la société

Notre rédaction l’a rencontré ce samedi 23 juillet au Cambridge Artwork, au troisième jour de son exposition «Blackness in Portraiture».

Blacknews page – L’interactivité dans la galerie Cambridge Art Netwoks and SpaceArt :
(Why did you want people participate?)
Joshua Obichere, artiste, peintre : «Cette interactivité c’est la vision des étudiants que je veux reproduire dans cet espace public. Dans cette exposition Blackness in Portraiture, les inter-échanges avec le public leur donne l’opportunité d’avoir leur propre interprétation du travail de mon travail d’Artiste et de ceux de mes étudiants».

Blacknews page – Votre motivation pour ce projet ambitieux  :
(Why is your motivation to this project?)
Joshua Obichere : «Quand j’étais à l’Université de Cambridge, j’étais souvent un des seuls à être Noir. Je voulais avec ce projet remettre en question la façon de penser de mes amis Blancs. Pour ces raisons, l’exposition appelle à contribution de chaque visiteur qui peut changer le cours des choses dans cette société».

Blacknews page – Quels sont vos objectifs avec Blackness in Portraiture :
(What is your own objectif at the end of this?)
Joshua Obichere : « Mes objectifs tendent à permettre au public d’explorer le champ de la Négritude. Toutes ces difficultés et tous ces habits qui nous enveloppent et entravent notre liberté et notre capacité à vivre d’égal à égal du fait de notre couleur de peau. Il n’est pas nécessaire en soi d’être Noir pour comprendre cette réalité liée à des discriminations séculaires dans les sociétés à prédominance blanche. Je veux créer ce chemin de réflexion et visuel pour les étudiants mais aussi pour toutes les générations.»

Blacknews page – Pourquoi tant de spiritualité dans vos images :
(Why that so much spirituality in your work?)
Joshua Obichere : «Ce que je suis, mon identité, je la tiens de Dieu. Cette rencontre artistique peut donner aux autres la chance de savoir que Dieu est leur support, leur soutien même s’ils subissent des situations difficiles. C’est ma façon de soutenir mon prochain. Peu importe la nature de leur difficulté.»

Blacknews page – Larmes et sourires pour faire passer votre message :
(There are a lot of pain, a lot of joy and what you say about?)
Joshua Obichere : «C’est la dualité du monde. On est aussi bien heureux que tristes, ce sont les émotions humaines qui veulent ça. L’amour reste notre témoignage et ce sont ces émotions qui font de nous des êtres humains. Dieu nous a fait ainsi, c’est en quelque sorte l’expression de sa gloire. Ces périodes de hauts et de bas nous rendent plus forts ».

Blacknews page – Ce projet peut-il changer la représentation des Noirs dans la société britannique notamment à Cambridge :
(Your project, that is could help change what black people is perspective in that society ?)
Joshua Obichere : « Tout ce que je fais, reflète ma vision culturelle sur cette question identitaire. La vision culturelle permet avec par exemple les photos, de passer et de partager des messages avec les personnes qui viennent visiter l’exposition. Certains sont impliqués directement dans cette quête sur notre identité noire. C’est souvent leur propre expérience qu’ils voient en miroir. Cette exposition peut changer les mentalités. Il ne s’agit pas d’un livre qui renferme des réalités mais c’est du concret. Une expérience visuelle. Le vécu peut provoquer une vraie remise en question pour chaque visiteur. C’est un moyen de réfléchir, d’expérimenter au travers de mon exposition, la façon qu’on voit le monde autour de nous. C’est aussi comment je peux retranscrire mes propres expériences, bonnes ou mauvaises ».

Blacknews page – Joshua quelles peintures utilisez-vous pour vos auto-portraits :
(How you do your work for the portraiture?)
Joshua Obichere : «J’utilise l’acrylique car cette peinture sèche très vite. Avec l’acrylique, je travaille le color blocking pour les visages. Cette technique pousse les visiteurs à s’intéresser d’abord à la peinture puis à se rapprocher des visages et à s’approprier le tableau et le sujet finalement.»

Blacknews page – Joshua où avez-vous étudier l’Art :
Where did you study the art of painting and do your other studies?)
Joshua Obichere : «Mes études se déroulent en grande partie à l’Université de Cambridge. J’enseigne aussi l’Art et aussi l’équité, la justice sociale, l’inclusion entre les gens. Je travaille plus particulièrement avec les étudiants noirs. Je forme des jeunes qui seront la prochaine génération qui impactera sur leur vision d’un changement de paradigme autour d’eux».

Blacknews page – Qui êtes-vous Joshua Obichere :
(Who are you Joshua Obichere?)
Joshua Obichere : «Je suis un artiste, un peintre, un chrétien, J’adore créer et éduquer les gens sur la justice sociale. C’est un moyen de se faire également de très bons amis. J’ai de la famille au Ghana, au Nigeria. J’aime les gens ».

Blacknews page – Quel est votre message :
(Your last message at end please?)
Joshua Obichere : «Être soi-même. Amener la Paix. Croire en Dieu pour qu’il nous comble de joie et le partager avec le Monde».

Blacknews page – Métis du Ghana et du Nigeria, quel est votre meilleur Jollof Rice ?
(As you are Ghanaian and Nigerian, what is the best Jollof Rice for you?) :
Joshua Obichere : «Le meilleur choix est de tester par vous-mêmes. Quant à moi, ma maman vient du Ghana mon père du Nigeria. Je sais donc que le meilleur plat est toujours celui cuisiné par nos mamans. Ne m’en voulez pas mes amis».

Reportage Dorothée Audibert-Champenois – Image @Blacknews Page

Le martiniquais Steevy Gustave, député comme Aimé Césaire?

« Je suis un résilient, un combattant. Je suis un petit-fils de paysan, mon grand-père et ma grand-mère cultivaient la terre en Martinique. Je suis aussi, fils de militaire mort en service commandé » lance Steevy Gustave à ses détracteurs. La lutte, il sait de quoi il parle, la bataille, il connait. Peu importe si certains n’aiment pas « sa tronche », depuis  Bretigny-sur-Orge, entre ville et campagne, l’antillais se prépare pour les élections législatives.

En janvier 2020, la France entière découvrait Steevy Gustave. Le brétignolais originaire de la Martinique était alors candidat aux municipales de sa commune. Cette région de 26 000 habitants crèche à vingt-cinq kilomètres au sud du centre de Paris. Le militant pour la cause écologique membre d’Europe Ecologie les Verts avait un pacte écologique bien ficelé. Son objectif étant de faire de Bretigny-sur-Orge, le poumon vert de l’Essone. Reste que ses adversaires coriaces dans l’agressivité ne l’entendaient pas de cette oreille et n’ont pas tardé à perturber sa campagne. Steevy Gustave, déterminé n’a rien lâché. Aujourd’hui, l’homme vert part conquérir l’Assemblée Nationale. Les élections législatives à deux tours, auront lieu les 12 et 19 juin prochain. Le martiniquais est en lice. A quatre jours du premier tour, notre rédaction l’a rencontré.

Steevy Gustave, un militant écologiste atypique à NUPES

S’il ne peut nous certifier que la victoire se profile bien, Steevy Gustave remarque un engouement pour sa candidature. Sa candidature est légitime à Bretigny-sur-Orge, selon lui. Il y a 52 ans que Steevy Gustave habite dans cette circonscription, la troisième de l’Essone, qui en compte 10. «Est-ce là, l’appel d’une union de la gauche?». En tout cas le candidat qui se dit « très fier de porter cette gauche unie » constate « un très bon retour, sur le terrain, sur les marchés et à chaque réunion publique ». Et l’homme qui bat la campagne sans relâche explique cet effet miroir : « on a fait du porte-à-porte dans les quartiers et les gens de classes populaires, blancs, noirs ou jaunes sont fiers que je puisse porter mes dreads looks à l’Assemblée. »

Pourquoi ce ralliement avec NUPES*?. Steevy Gustave joue carte sur table : « Les gens nous l’ont demandé et notre objectif est de gagner. » Lucide, n’étant que challenger dans cette circonscription, le conseiller municipal affirme « qu’un autre monde est possible. Qu’il est temps de faire vivre les valeurs humanistes » qui l’habitent depuis toujours. Pour lui sonne le glas, ce : « moment de représenter cette France qu’on aime. Cette France à plusieurs visages ».

Dans les pas d’Aimé Césaire

« Je me sens l’âme d’un combattant. Si être un député, c’est être un combattant, un militant, quelqu’un qui va se battre pour son territoire. Qui va se battre pour la France, pour une France rassemblée, pour toutes les causes oubliées. Qui va se battre pour les sans voix, alors oui, je pense que je peux être, un de ses députés combattants. » C’est la réponse que fait le candidat NUPES, député en course pour un siège à l’Assemblée Nationale. Il ajoute, porté par une grande admiration pour ses pairs : « J’aimerais bien avoir le parcours d’un Aimé Césaire ou autres ». Ajoutant sa pincée de rêve : « les gens diraient dans quelques années. J’avais un député avec des dreads locks. Un député qui s’est battu pour nous. Je ne m’adresse pas seulement aux antillais, je porte cette voix à tous les français.  »

Steevy Gustave n’oublie surtout pas l’essentiel. Être candidat, c’est porter des projets, des programmes et les défendre durant une campagne. Dans le volet santé de la NUPES, il s’agit de « rétablir un vrai service public hospitalier. En créant et en formant 100 000 nouveaux soignants » estime le candidat. Un personnel trop longtemps maltraité et depuis de très nombreuses années. Steeve Gustave s’explique :  « La pandémie nous a fragilisés, a fragilisé la France et je veux leur rendre ce qu’il nous donne au quotidien. Je veux également continuer la lutte contre les discriminations. »

Ses grands-parents, des cultivateurs de Martinique

Sur la question antillaise, Steevy Gustave n’est pas en reste. Avec des grands-parents qui étaient agriculteurs en Martinique, forcément les conséquences du chlordécone sont l’une de ses préoccupations. « Mes dreads locks sont les racines de ce quoi est fait mon parcours. Me battre comme l’ont fait mes ancêtres, ma famille. Je combattrai toujours avec force pour ce petit pays qui a été maltraité pendant la crise Covid. On a pas été insensibles au score de Jean-Luc Mélenchon. Quant à ceux de Marine Le Pen, cela m’a attristé bien sûr.  » commente le producteur audiovisuel. « Il y a sûrement un ras-le-bol. Pour cela, je veux qu’on respecte mon île, toutes les îles. » conclut Steeve Gustave.

Philosophe sur son prochain score, le conseiller municipal d’opposition ne désarme pas. « Pour le premier tour, on peut me souhaiter d’être devant mes concurrents. Mais on peut tout simplement me souhaiter de réussir, d’avoir un bon score. Et que quoiqu’il arrive, comme tous mes combats, je les mènerai ensuite jusqu’au bout. J’ai envie de dire aux gens : arrêter de dire que la politique ne vous parle pas, qu’il n’y a pas de représentants. Je suis la preuve vivante. »

Serein, il l’est Steevy Gustave, d’ailleurs le candidat NUPES, n’oublie pas une de ses priorités, sa famille. « Je suis grand-père, mes parents vieillissent, mes frères et sœurs aussi. Ma famille a besoin de moi, je dois les accompagner.  » Pour autant, le martiniquais assure que sa carrière n’est pas derrière lui : « je continuerai encore. Le combat est dans mon ADN. Je ne sais pas faire autre chose que de me battre pour les gens. Pour ceux qui n’ont rien » précise le conseiller communautaire sur l’agglomération cœur d’Éssone.

*NUPES : Nouvelle Union populaire écologique et sociale

Dorothée Audibert-Champenois – Facebook @Blacknews Page – Images SG – NUPES

Qui est Lucien Laviscount? Le caribéen d’«Emily in Paris»

Nom : Lucien Léon Laviscount
Netflix : Emily à Paris Saison 2, il est Alfie
Compte Instagram : @its_lucien
Date de naissance : 9 juin
Signe astrologique : Gémeaux
Ville natale : Burnley, Lancashire, Angleterre
Nourriture préférée : Poulet jerk avec riz et petits pois.
Émission Netflix préférée : Emily à Paris
Lors d’un premier rendez-vous, je suis toujours… correct.
Mon rendez-vous idéal serait… un voyage à Antigua. Nous attrapons des vols !
Ma pire expérience de rencontre a été… Je ne m’en souviens pas vraiment trop. J’ai tout effacé pour être honnête.
Mon béguin actuel pour Netflix est… Lily Collins.
Mon langage amoureux est… les actes de service.

En décembre dernier Ariana Romero interrogeait l’acteur britannique, originaire de Trinidad-et-Tobago, et ça donne cela :  

Vous êtes un Gémeaux. Êtes-vous dans l’astrologie? Vous reconnaissez-vous comme un homme Gémeaux ?

Pendant longtemps, j’ai eu honte de mon signe astrologique car il ne s’intègre pas vraiment très bien sur la grille des signes astrologiques. Mais j’ai appris à le posséder. Je suis un Gémeaux de bout en bout. Je suis un fier Gémeaux.

Êtes-vous comme Alfie dans Emily in Paris ? Avez-vous des différences majeures ?

Nous sommes probablement très similaires à quel point il est brutalement honnête à propos de ses sentiments et de ce qu’il veut faire. Là où nous pourrions être différents, c’est qu’il est un peu cynique. Je ne suis tout simplement pas ce gars-là. Il faut que quelques mauvaises choses se produisent pour que je devienne aussi cynique.

Léon Laviscount dans Emily in Paris Saison 2

Au début de leur cour, Emily fait exploser le téléphone d’Alfie. Pensez-vous que l’un des moments les plus doux de la saison est qu’il la laisse supprimer les textes? 

Cela fait partie du charme d’Alfie. Il permet aux gens de gâcher les choses, et il ne va pas sauter sur votre cas et vous dire : «Je te l’avais dit». Je pense que c’est sa maturité, et c’est son niveau d’être. C’est un vrai gentleman. Il vous le dira directement. Mais en même temps, c’est comme, «Tu n’aurais peut-être pas dû faire ça. Mais c’est cool. Je te laisse réparer ça.»

Les costumes vous ont-ils mis dans le caractère?

A cent pour cent. J’ai aimé un essayage de six heures et demie le premier jour où j’ai été autorisé à sortir de la quarantaine. J’ai mis les costumes et je me suis dit: «Ça y est.» Même la démarche d’Alfie, son swag, a changé. J’ai ramené un des costumes chez moi et je me pavanais dans la rue. Je me suis dit : « Comment va-t-il travailler sa veste ? Comment va-t-il faire des petits morceaux et des bobs et tous ces trucs amusants ? » Les bretelles étaient mon idée.

Alfie n’est pas du tout impressionné par Paris. Étiez-vous amoureux de Paris ?

C’était ma première fois à Paris. J’étais comme, «C’est comme un grand musée avec le toit soufflé.» J’étais juste époustouflé. Paris est romantique, sexy, mystérieuse… C’est un endroit spécial. Je ne trouve pas vraiment ça dans beaucoup d’endroits, mais je pense que tout le monde, (les Parisiens), a une façon de se comporter. Tout le monde croit en soi d’une manière où ils n’ont pas besoin de vous en parler. Je ne pense pas que mes pieds touchent le sol. Mes pieds n’ont toujours pas touché le sol. Je suis enveloppé dans ce monde en pensant: «Quelqu’un m’a donné cette opportunité. J’espère juste que j’ai fait du bon travail.»

Facebook @Blacknews page – Image ©️ Instagram LL – Netflix

Les différents lieux symboliques pendant le tournage de la série comme le cimetière du Père Lachaise

Le casting

Vania Leles, du mannequinat à la joaillerie de luxe

Le mannequin Vania Leles devenu créateur de bijoux reçoit dans son nouveau showroom chic de Londres.

Vania Leles, est directrice et fondatrice de la marque Vanleles, la première marque de haute joaillerie fondée par une femme avec un héritage africain profondément enraciné. « Mon rêve a toujours été de faire entendre la voix de l’Afrique dans la haute joaillerie, et une partie de cela consiste à s’assurer que, dans la mesure du possible, je m’approvisionne en pierres d’Afrique et que je produise les bijoux de manière équitable. Ma mission est que Vanleles devienne la première maison de haute joaillerie africaine au monde parmi les dix premières marques mondiales » a déclaré l’ex-mannequin, Vania Leles.

Vania Leles est née en Guinée-Bissau, en Afrique de l’Ouest, où sa famille travaillait dans le commerce des pierres précieuses, mais a grandi au Portugal. Après avoir obtenu un diplôme en sociologie, Vania Leles a déménagé à Londres pour étudier l’anglais, et c’est là qu’elle a été repérée par un responsable de Select Model Management.

Lorsque le mannequinat a commencé à décliner, Vania Leles décide aussitôt à cultiver un intérêt pour les pierres précieuses colorées en s’inscrivant au Gemmological Institute of America (GIA). elle étudie tout, des pierres précieuses au design et aux affaires.

Après trois ans chez Graff, Vania Leles a travaillé pour De Beers puis Sotheby’s, où elle a supervisé de grandes ventes aux enchères, dont le Graff Pink Diamond et les bijoux de la duchesse de Windsor. Quand la maison de vente aux enchères a brièvement fermé son département de bijoux, l’ancien mannequin se lance un défi.

« J’ai eu quelques offres, mais j’ai commencé à penser à créer ma propre entreprise. J’avais de bons clients et d’excellentes relations » explique la créatrice au magazine The Jewellerie Editor.

La marque VanLeles est une collection de bijoux raffinés mettant en vedette des pierres précieuses colorées luxueuses, réunies avec un savoir-faire. Vania Leles frappe à toutes les portes pour trouver les meilleures pierres précieuses, tailleurs et orfèvres du monde qui donnent vie à ses créations. Ce sont des nœuds délicats sertis de diamants aux motifs floraux, et même une paire de boucles d’oreilles en forme d’Afrique.

 

Vania Leles vend ces créations de luxe exclusivement dans une salle d’exposition chic sur New Bond Street, située dans le district de la Cité de Westminster, dans le quartier de Mayfair.

Source The Jewellerie Editor

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Afrique : Aurora James designer d’accessoires durables

Aurora James, designer et fondatrice de la marque d’accessoires durables Brother Vellies, parle dans Vogue de son amour pour la mode, les voyages en Afrique et pourquoi elle a choisi de vivre à Brooklyn plutôt qu’à Manhattan.

 

Née et élevée à Toronto, vous déménagez à Los Angeles, et maintenant vous vivez à Brooklyn. Mais votre père vient du Ghana. Avez-vous déjà été dans la ville natale de votre père en Afrique ?

Non, je ne suis jamais allée au Ghana. C’est sur ma liste. 

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre vie à Brooklyn ?

J’aime vivre à Brooklyn parce que c’est une petite communauté pour moi et j’ai parfois presque l’impression de vivre en banlieue. Il y a tellement de gens créatifs et talentueux tout autour, nous nous nourrissons définitivement les uns des autres énergiquement. 

 

Vous avez fondé votre propre marque en 2013. Qui vous a le plus soutenu depuis le début et tout au long du parcours ?

Je pense que je suis incroyablement chanceuse d’avoir une grande communauté autour de Brother Vellies. Les collègues designers, mentors, amis, il y a tellement de gens qui se sont vraiment surpassés pour BV. Je ne pourrais être plus reconnaissante.

Pourquoi avez-vous choisi de créer des chaussures ? Et comment l’idée de Brother Vellies est-elle venue ?

J’ai choisi de concevoir des chaussures après mes premières visites dans des ateliers locaux en Afrique où j’ai vu des artisans du pays créer de belles chaussures que je n’avais jamais vues auparavant aux États-Unis.

D’où vient le nom de Frère Vellies ? A-t-il une signification particulière pour vous ?

Le nom Brother Vellies vient de l’un de nos styles emblématiques, qui est une version moderne d’une botte africaine traditionnelle du désert appelée velskoen, également connue sous le nom de « Vellies ». Brother Vellies est essentiellement notre confrérie de chaussures.

Quand avez-vous commencé à vous intéresser à la mode ?

Ma mère m’a élevée avec une profonde estime pour la mode en tant que forme d’art contemporain et comme un signifiant culturel. Elle soulignait les événements historiques et comment ils ont influencé la mode à différentes périodes. Elle me parlait des styles vestimentaires indigènes et de la façon dont la nature jouait un rôle dans la création de marchandises pour couvrir notre corps. Donc, pour moi, la mode a vraiment été tissée dans le tissu de qui je suis depuis mon plus jeune âge.

 

Quand avez-vous commencé à prendre conscience de l’impact environnemental de la production ? Et que signifie être durable pour vous et votre entreprise ?

Je pense que travaillant à travers l’Afrique, je suis toujours tellement époustouflée par la beauté et l’attrait de ce continent. Je voulais vraiment m’assurer que dans notre travail, nous n’avions pas d’impact négatif ou ne modifiions cela en aucune façon. J’essaie de ne pas trop penser à la façon dont les autres font les choses, j’essaie plutôt de me concentrer sur le meilleur travail que nous pouvons pour nous. Nous teignons ou utilisons des cuirs végétaux et utilisons des sous-produits animaux provenant d’agriculteurs locaux dans la mesure du possible.

 

En fait, Brother Vellies est basé aux États-Unis, mais il est entièrement produit au Maroc, au Kenya, en Éthiopie et en Afrique du Sud. Comment et quand avez-vous appris à créer une chaîne d’approvisionnement durable en Afrique ? Lorsque vous avez lancé votre marque, à quoi ressemblait le processus de recherche des usines ?

J’ai vraiment tout appris en cours de route avec Brother Vellies. Lorsque j’ai créé cette entreprise, les gens n’utilisaient pas vraiment des termes tels que « chaîne d’approvisionnement durable ». J’ai fait les choix que je pensais être les meilleurs pour moi et pour mon entreprise et les personnes avec lesquelles nous travaillons. Pour la plupart, nous trouvons des artisans et des ateliers grâce au bouche à oreille. Ou se déplaçant physiquement sur le terrain là-bas.

La suite de l’interview exclusive avec la créatrice lauréate du CFDA/Vogue Fashion Fund, Aurora James sur Vogue.it.

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Maud Petit, la députée martiniquaise se dévoile sans filtres

Discrète et posée, la martiniquaise Maud Petit, l’est beaucoup moins quand elle prend la parole dans l’hémicycle devant les 577 élus de l’Assemblée Nationale. Ce jeudi 29 novembre 2018, cette acharnée du travail a convaincu une majorité de ses collègues députés que sa proposition de loi pour interdire les violences éducatives ordinaires était juste. Déposée à l’Assemblée Nationale le 17 octobre 2018, la loi a été promulguée le 10 juillet 2019 et publiée au Journal officiel du 11 juillet 2019. Ainsi avance, Maud Petit, originaire de cette petite île de la Martinique, nichée entre les îles (sous-protectorat britannique), Sainte-Lucie et la Dominique.

Rattachée à la majorité présidentielle, la mère de famille de deux enfants, a accepté de répondre à toutes nos questions sans fard. Si elle consacre la majeur partie de son temps aux prochaines législatives, Maud Petit, d’une grande lignée martiniquaise, trouve également le temps de s’intéresser aux français des Outremer. Une région qui lui tient particulièrement à cœur.

Jeudi 29 novembre 2018, Maud Petit, députée du Val-de-Marne 
Assemblée Nationale - proposition de loi visant à interdire les violences éducatives ordinaires

Interview recueillie le 27 mai 2022.

Blacknews Page : Vous vous lancez une nouvelle fois dans la bataille des législatives. Quelles sont vos motivations :

Maud Petit (Députée Modem) du Val-de-Marne : «J’ai vécu une première expérience, un premier mandat de députée relativement riche. Et au cours de ce mandat je me suis attachée à accompagner, beaucoup de personnes, beaucoup d’enfants aussi qui rencontraient des difficultés dans leur vie quotidienne. Je me suis d’abord orientée dans tout ce qui était dans la protection des droits des enfants, des mineurs notamment avec la Loi éducative ordinaire dont j’étais auteure et rapporteure. J’en suis très fière. Je me suis également engagée  contre les violences sexuelles sur les mineurs. Mon combat s’élargit (pour aller au delà de l’enfant), à tout le cercle familial, dans la lutte contre les violences intra-familiales et contre les violences conjugales sur les femmes mais aussi sur les hommes. Ensuite, je me suis investie dans des sujets plus courants comme j’ai eu l’occasion de le faire à la mission permanente des Affaires culturelles (éducation nationale, patrimoine, médias, culture) et dans le sport. Au sport, j’ai eu l’opportunité de travailler avec la délégation Outremer sur le rapport : Le sport et la santé en Outremer. Donc, j’ai ensuite axé mon travail sur les activités physiques, la santé, sport, bien être. Mr Jean Castex, m’avait commandé un rapport : Le sport en entreprise. Tous ces sujets-là que j’ai portés pendant 5 ans, j’ai envie de les poursuivre parce qu’il reste encore beaucoup à faire dans ces domaines. Voilà pourquoi, je sollicite de nouveau la confiance de mes électeurs. pour qu’ils puissent me donner l’occasion à mon tour de continuer de les aider. »

« J’ai un œil très attentif, sur tout ce qui se passe là-bas  »

Blacknews Page : Originaire des Outremer, vos compatriotes ne profitent pas totalement de cet avantage avec vous. Que leur répondez-vous :

Maud Petit (Députée Modem) du Val-de-Marne : «Je voudrais rappeler à mes compatriotes d’outremer, ceux qui vivent là-bas comme ceux qui sont installés ici dans l’Hexagone (ils sont nombreux), que j’ai été vice-présidente de la Délégation Outremer à l’Assemblée Nationale. Etant originaire des Antilles, je voulais avoir un œil très attentif, sur tout ce qui se passait là-bas. Pendant les 5 ans, j’ai veillé à ce que les choses se déroulent favorablement pour eux. Et notamment en étant vice-Présidente de cette délégation. J’ai eu l’occasion de travailler avec 2 autres collègues. Josette Manin notamment, députée de la Martinique et avec Cécile Rilahc députée du Val d’Oise sur les discriminations en outremer. Je suis allée en Polynésie pour le sport et la santé. Je me suis rendue en Martinique et à Mayotte pour travailler essentiellement sur tout ce qui était discrimination en Outremer. En 2019, je me suis rendue en Guyane, pour voir comment cela se passait pour la rentrée des enfants, en particulier le dédoublement des classes primaires. »

«J’ai toujours été régulièrement informée, j’ai suivi régulièrement tout ce qui se passait, toutes les problématiques des Outremer. J’ai parfois porté la parole des Outremer, lors de questions au Gouvernement, des questions écrites destinées à la ministre de l’époque (Mme Girardin). Avec la crise sanitaire et le Covid, je me suis préoccupée de leur santé. Les Outremer me touchent au cœur, et jamais, jamais je ne les abandonnerai. quelque soit la façon dont je pourrais intervenir sur les outremer, sur ces terres qui me sont chères. Je continuerai de le faire que je sois encore députée ou pas. »

Le Sénat a adopté en première lecture le texte approuvé 
en première lecture par l'Assemblée nationale le 29 novembre 2018.

« Les français ne savent pas tout ce que l’on a accompli »

Blacknews Page : Proche du parti du Président, que retenez-vous de ce dernier quinquennat :

Maud Petit (Députée Modem) du Val-de-Marne : « Je fais surtout partie de la majorité présidentielle. Je suis du Modem. C’est le deuxième partie de la majorité présidentielle, qu’on appelle aujourd’hui Ensemble. J’étais au cœur de la politique publique menée par ce gouvernement. Si je dois faire un bilan de ce quinquennat, c’est que l’on a travaillé sur énormément de sujets. On a fait avancer énormément de choses mais je crois que nous avons eus une très mauvaise communication sur tout ce que l’on a accompli. Les français ne savent pas tout ce que l’on a fait. On a un bilan énorme mais les gens n’en ont pas conscience comme la suppression de la taxe d’habitation. On a fait sauter le numérus clausus qui bloquait le nombre d’étudiants en médecine. Une des plus belles choses réalisées sous cette mandature, c’est le prolongement du congé paternité qui permet aux pères de passer plus de temps avec leur bébé. »

Blacknews Page : Vous êtes une acharnée au travail, dites-nous pourquoi ne vous-a-t-on pas sollicité dans le nouveau gouvernement  :

Maud Petit (Députée Modem) du Val-de-Marne : «Je ne sais pas si on m’avait appelé à un ministère, si j’allais accepter. Ce n’est pas le fait de bûcher sans compter ses heures qui vous fait entrer ou pas dans un Gouvernement.  Il faut également savoir qu’il y a énormément de candidats au maroquin. Mon nom a effectivement circulé en 2020 et je me suis posée la question de savoir si cela m’intéressait de devenir ministre. Ce serait un immense honneur, c’est vrai. Seulement, ma vie de famille est précieuse. Je crois qu’il ne faut pas oublier sa famille et ses proches car ce sont eux qui me portent au quotidien. Ce sont eux qui me donnent l’énergie de faire pour les autres. Il ne faut pas que je les oublie et il ne faut pas que je m’oublie moi-même. Je préfère rester humble. Toujours déterminée mais humble. »

« ce vote a été comme un plébiscite, pour ou contre Emmanuel Macron »

Blacknews Page : Le plus fort de la pandémie est passé, les Antilles ont subi un fâcheux revers? Comprenez-vous leur colère exprimée jusque dans les urnes :

Maud Petit (Députée Modem) du Val-de-Marne : « C’est un résultat que je pressentais et que j’avais intégré depuis 2020. Je savais que les Outremer ne voteraient pas Emmanuel Macron s’il se représentait à un second mandat. J’ai alerté la garde intime du Président, mais mes alertes n’ont pas été suivies d’effets. J’ai su très tôt que le Rassemblement National gagnait du terrain dans les Outremer. Il y a eu des paroles blessantes et des incompréhensions. J’ai été moi-même sidérée qu’on parle d’autonomie, ce n’était pas ce que la population souhaitait. Les Outremers, forment une population très diverse et il faut savoir leur parler. Et là, ce vote a été comme un plébiscite, pour ou contre Emmanuel Macron. Non pas qu’il y ait une adhésion forte à Jean-Luc Mélenchon, non pas qu’il y ait une adhésion à Marine Lepen, mais, à mon sens c’était un mouvement d’humeur., une manifestation électorale d’un mécontentement. Donc acte. Maintenant, il faut que la nouvelle ministre Yaël Braun-Pivet, écoute véritablement la population et qu’elle ne se mette pas dans une situation de braquage avec elle. Sinon, les choses n’avanceront pas. »

Blacknews Page : Maud Petit, candidate aux législatives dans le Val-de-Marne, quel est votre projet :

Maud Petit (Députée Modem) du Val-de-Marne : «Dans ma circonscription, il y a un sujet qui me tient à cœur, un combat que je mène avec les habitants d’une petite commune. C’est celle de Noisau qui se bat contre l’installation d’un centre pénitencier. Dans cette partie du Val-de-Marne, il y a encore de belles terres vertes, de belles terres agricoles. On aurait aimé maintenir ce côté verdoyant dans la circonscription. C’est un combat difficile. Le Val-de-Marne est aussi une terre de champions, au niveau sportif et entrepreneurial. une région qui reste à découvrir. »

La loi a été promulguée le 10 juillet 2019

Blacknews Page : Femme et députée, est-ce un atout ou pas :

Maud Petit (Députée Modem) du Val-de-Marne : « J’ai été choisie parce que je suis une femme, il en fallait une femme sur la circonscription où je suis depuis 2017. C’était un souhait du Président Macron, d’avoir une parité hommes/femmes aux législatives. Seulement, mon mandat, je ne le vis pas en me disant, je suis une femme. Je suis avant tout, une française, une élue et j’œuvre pour l’ensemble de mes concitoyens. Mais, il faut quand même le reconnaître, le fait d’être une femme, fait que parfois, on est obligées de se battre beaucoup plus que si on est un homme. Il y a pu avoir des réflexions sexistes. Comme le fait de me dire de me taire car je ne connais pas le sujet, sans doute parce que je suis une femme. Je fais fi de tout cela. Je remets les gens à leur place, je continue d’être ferme sur certains sujets. Dans le même temps quand on est une femme et que l’on s’adresse aux gens avec fermeté, on nous dit parfois de nous calmer. Ce qui voudrait dire que nous sommes hystériques. C’est cela le côté négatif. »

Blacknews Page : Votre vie politique et votre vie familiale, sont-elles compatibles :

Maud Petit (Députée Modem) du Val-de-Marne : « Un mandat législatif, cela peut tuer une famille, peut tuer une histoire. Je savais qu’il y avait des personnes divorcées ou séparées  du fait du mandat, cela c’est encore vu durant cette législature. J’étais célibataire et au cours du mandat j’ai rencontré quelqu’un. Il faut de la disponibilité pour les gens qu’on doit représenter, il faut de la disponibilité aussi pour sa famille, pour son conjoint, sa conjointe. Il faut vraiment pas s’oublier dans ce mandat. J’a donné beaucoup, beaucoup. Si je dois avoir un autre mandat, maintenant que je maîtrise plus l’organisation législative, j’accorderais plus de temps à mes proches, c’est-à-dire plus de temps pour moi. Il m’est arrivée pendant 4 ou 5 jours, de ne pas voir mes enfants, on dort pourtant dans la même maison. Quand on se «tombe dessus», on en profite au maximum. J’ai vraiment beaucoup de mal à supporter leur absence. C’est la chose la plus difficile à vivre dans ce mandat. J’ai eu l’occasion de rentrer à 5h ou à 6h du matin, fatiguée mentalement et ne pas pouvoir être réactive. C’est épuisant et cela peut flinguer une vie de couple, une vie de famille. Et pourtant c’est précieux, une vie de couple, une vie de famille. »

Blacknews Page : Êtes-vous une personne heureuse :

Maud Petit (Députée Modem) du Val-de-Marne : «Je le suis depuis que je suis née et le resterai jusqu’à la fin de mes jours. Je crois d’ailleurs que je vais mourir de rire même si j’ai des périodes de galères,  de doutes, de tracas, de tristesse. Mais malgré tout cela, globalement, je me définis comme une femme heureuse.  Je suis une femme optimiste. Je suis formatée pour être une femme heureuse. Je sais que c’est contagieux, pour cette raison, j’aime aller au contact des gens. Après nos échanges, ils me disent souvent que je suis quelqu’un de rayonnant et de lumineux et cela me touche beaucoup. Je partage un peu le bonheur avec eux. »

Dorothée Audibert-Champenois – Facebook @Blacknews page – Image AN – DR

Cannes : «Tirailleurs» (sénégalais) avec Omar Sy sur la Croisette

«Tirailleurs», le nouveau film dans lequel Omar Sy joue un agriculteur sénégalais balancé dans l’horreur des tranchées de la Grande Guerre a été présenté en avant-première à Cannes.  « Tirailleurs », de Mathieu Vadepied a fait l’ouverture de la sélection « Un certain regard » du Festival de Cannes. Dans cette fiction dont l’acteur est également coproducteur, il est question de soldats sénégalais et de ceux d’autres colonies de l’Afrique de l’Ouest, venus grossir les rangs de l’armée française en 1914-1918.

Abdoul Aziz Cissé, le secrétaire permanent du Fonds de l’industrie cinématographie sénégalaise (Fopica) et l’Agence de presse (Aps) l’annonçaient en septembre dernier. Dans le même temps, la productrice française Caroline Nataaf rejoignait le projet. Dans ce film historique dont le tournage a débuté le 23 août 2021 dans les Ardennes (France), Omar Sy incarne le personnage d’un Sénégalais qui entre dans l’armée française pour retrouver son fils. Comme beaucoup, il sera enrôlé de force en 1917 sur les champs de bataille, alors qu’ils ne connaissent même pas un mot de français.

Le tournage s’est déroulé pendant neuf semaines, jusqu’au 13 octobre 2021. L’équipe s’est retrouvé au Sénégal pour la deuxième partie du tournage dès janvier 2022.

Mercredi soir, dans la salle Debussy, Omar Sy a laissé coulé quelques larmes. «Tirailleurs» a été très bien accueilli par le public du 75ème Festival du Cinéma de Cannes.

Dorothée Audibert-Champenois – Facebook @Blacknews page – Image capture d’écran